• Crise du modèle économique. En 2025, 45 % des organismes de fact-checking ont subi une baisse de revenus et 38 % ont réduit leurs effectifs, tandis que 62 % ont vu leur audience progresser. L abandon du financement du programme de vérification de Meta aux États-Unis fragilise particulièrement les petits médias dépendants des plateformes.[1]
• Recentrage de Meta. Le groupe a mis fin à son programme américain de vérification par des organismes indépendants, au profit d'un système de contributions des utilisateurs, relançant le débat sur la modération, la liberté d'expression et la responsabilité des plateformes.[2]
• L IA devient un outil courant, mais pas une solution. Plus de la moitié des vérificateurs interrogés utilisent désormais l'IA, surtout pour la recherche, la collecte d'informations et la traduction. En parallèle, les images et contenus générés par IA alimentent de nouvelles vagues de désinformation.[1][3]
• Efficacité limitée face aux croyances. Le fact-checking peut corriger certaines perceptions, mais il ne suffit pas lorsque les fausses informations mobilisent l'identité politique, les émotions ou les théories du complot.[3]
• Vulnérabilité du public français. Une étude relayée en mars indique que 60 % des Français se pensent capables d'identifier les fausses informations, alors que seuls 23 % ont effectivement reconnu les sept intox présentées. Les personnes les plus sûres d'elles se trompent même davantage.[4]
• Entrée accrue des pouvoirs publics dans la vérification. Matignon a lancé le 5 octobre un compte X, « Soyons précis », pour corriger les chiffres jugés faux ou trompeurs dans le débat budgétaire. L initiative suscite déjà une controverse, le gouvernement étant accusé d'être à la fois arbitre et partie.[5]
Tendance générale : le fact-checking reste très demandé et gagne en audience, mais il traverse une crise simultanée de financement, de confiance et de légitimité, aggravée par l'IA et la politisation de la vérification.
[1][3]