Le terme « éditocrate » demeure un marqueur polémique dans le débat public français, utilisé pour critiquer une caste de journalistes et d'éditorialistes omniprésents dans les médias.
Voici les points saillants de son usage actuel :
• Critique de la concentration médiatique : Le terme est régulièrement mobilisé par des médias indépendants et des observateurs critiques (comme Acrimed ou des plateformes alternatives) pour dénoncer une « médiacratie ». Il désigne des personnalités qui, selon leurs détracteurs, monopolisent le temps d'antenne pour diffuser des opinions uniformes, souvent marquées par un conformisme néolibéral ou une proximité avec les élites politiques et économiques.
• Fonctionnement en circuit fermé : Les critiques soulignent une forme de cooptation où les mêmes intervenants circulent entre les plateaux de télévision et les rédactions, s'auto-alimentant par le « commentaire du commentaire » de l'actualité. Ce phénomène est accusé d'écraser le journalisme d'investigation au profit d'un journalisme d'opinion.
• Usage politique : Le mot est fréquemment utilisé dans le cadre de la lutte contre la polarisation médiatique, notamment pour dénoncer la manière dont certains chroniqueurs traitent des sujets comme l'insécurité, l'immigration ou les mouvements sociaux, en les accusant de favoriser des agendas politiques spécifiques (notamment à l'extrême droite) tout en contournant les règles de pluralisme imposées aux candidats politiques.
• Distinction sémantique : Il est important de distinguer l'« éditocrate » (terme péjoratif désignant une figure de pouvoir médiatique) de l'« éditorialiste » (fonction journalistique classique consistant à exprimer une position argumentée sur l'actualité).