Les informations disponibles montrent surtout un
recul de la production industrielle syrienne, mais pas la disparition du trafic de captagon : les réseaux se fragmentent, déplacent leurs itinéraires et diversifient leurs méthodes.
• Syrie : saisies massives et démantèlement de réseaux. Les autorités affirment avoir saisi environ 697 millions de comprimés, fermé 17 sites de production et démantelé 90 réseaux internationaux depuis la chute du régime Assad.[4]
• Le trafic reste actif depuis le Liban. En septembre, une opération près de Damas a permis de saisir 225 000 comprimés provenant de la frontière libanaise.[3] En août, l'armée libanaise avait annoncé la saisie d'environ 1,2 million de comprimés destinés à être dissimulés dans un véhicule.[2]
• Déplacement géographique du marché. L ONUDC estime que la production à grande échelle en Syrie a été fortement perturbée, mais que les activités peuvent se déplacer vers des pays voisins et de nouvelles routes régionales.[4][9]
• Extension vers l'Afrique. Au Nigeria, les autorités ont intercepté 47 200 comprimés dissimulés dans des blocs de savon à l'aéroport de Lagos, signe que les itinéraires du trafic dépassent désormais largement le Moyen-Orient.[5]
• Une demande toujours forte dans le Golfe. Les pays du Golfe restent la principale destination, tandis que les trafiquants utilisent davantage les routes terrestres et maritimes, le réemballage et plusieurs franchissements de frontières pour brouiller les pistes.[9][10]
En résumé : la chute de l'ancien appareil de production syrien a désorganisé le modèle industriel du captagon, mais elle a aussi accéléré sa
décentralisation et son internationalisation.