Hautes Lassitudes (publié en 2013) est un roman atypique de Jean-Marie Blas de Roblès, qui se distingue par son atmosphère mélancolique, érudite et très introspective. Contrairement à son célèbre Là où les tigres sont chez eux, ce livre est plus ramassé, plus intime et davantage tourné vers une réflexion philosophique sur le temps et l'échec.
Voici l'essentiel à retenir :
1. L?
🧩 intrigue (le point de départ)
Le récit suit un narrateur, un homme d'âge mûr, qui se retire dans une maison isolée en haute altitude (dans les Alpes). Il y est venu pour chercher une forme de
solitude absolue, un refuge pour échapper au bruit du monde et à une vie qu'il juge fragmentée. Ce retrait n'est pas seulement physique ; c'est une
tentative de faire le bilan, de confronter ses souvenirs et de chercher une vérité enfouie dans le silence.
2. Les thèmes centraux
La fatigue de l'être (les lassitudes) : Le titre lui-même dit tout. Il s'agit d'une réflexion sur l'usure de l'
existence, le poids des années, les illusions perdues et la difficulté de devenir soi dans un monde qui nous façonne malgré nous.
La mémoire et le temps : Le narrateur navigue entre le présent (la rudesse de la montagne, le froid, la simplicité des gestes) et un passé qu'il tente de reconstruire. Le temps n'est pas linéaire, il est une superposition de couches.
La quête de vérité (ou de silence) : Le livre interroge la valeur de l'écriture et de la pensée face à l'inéluctable déclin. Est-ce que s'isoler permet de mieux voir la réalité, ou est-ce une fuite lâche ?
3. Le
✍ style : l'empreinte de l'auteur
Jean-Marie Blas de Roblès est un écrivain très cultivé. Dans Hautes Lassitudes, il conserve son écriture :
Érudite et poétique : Le texte est dense, riche, parfois exigeant, parsemé de références philosophiques et littéraires.
Atmosphérique : La description de la montagne n'est pas juste un décor ; elle devient un état d'âme. La roche, le vide et l'air raréfié servent de miroir à la
psychologie du personnage.
4. Pourquoi ce livre est marquant ?
C?est une anti-épopée : Là où l'auteur nous habituait à des récits foisonnants et aventureux, il propose ici un huis clos mental très serré.
L?introspection radicale : Il plaira à ceux qui aiment les livres sur la crise existentielle, le dénuement volontaire et la beauté de la solitude.
La justesse du ton : Il réussit à rendre la
lassitude non pas ennuyeuse, mais presque noble, une étape nécessaire de la condition humaine.
En résumé
Hautes Lassitudes est un roman de la maturité et du retrait. C'est une
📚 oeuvre pour les lecteurs qui apprécient les réflexions sur le sens de la vie, le dépouillement et une langue française travaillée, précise, presque chirurgicale. Ce n'est pas un roman d'action, mais un voyage intérieur, aussi austère et pur que les sommets où il se déroule.