Appréciation et décryptage de cette œuvre littéraire
Le livre La France du marché noir de 👤 Fabrice Grenard est une étude exhaustive et nuancée du phénomène du marché noir en France, principalement pendant la Seconde Guerre mondiale (1940-1944) et ses prolongements immédiats après la Libération (jusqu'en 1949).
Voici l'essentiel à retenir :
1. Un phénomène central, pas marginal : Grenard démonte l'idée reçue d'un marché noir marginal ou purement criminel. Il le présente au contraire comme un phénomène central et structurant de la vie quotidienne de millions de Français, une nécessité quasi vitale pour une grande partie de la population confrontée aux pénuries, au rationnement et à la faiblesse des allocations officielles.
2. Toutes les strates de la société impliquées : L'ouvrage montre comment toutes les strates de la société étaient impliquées, à des degrés divers. Du paysan qui cachait une partie de sa production pour la vendre sous le manteau, à la ménagère cherchant à nourrir sa famille, en passant par les petits trafiquants, les restaurateurs, les industriels et même certains fonctionnaires corrompus.
3. La zone grise de la survie : Le marché noir est décrit comme une vaste zone grise où se mêlaient la survie, la délinquance, la solidarité, l'ingéniosité (le système D) et le cynisme. Il était souvent le seul moyen d'obtenir des produits de première nécessité (nourriture, charbon, vêtements).
4. Impacts multiples :
Économiquement : Il a engendré une inflation galopante, désorganisé l'économie officielle et enrichi de manière spectaculaire certains opportunistes.
Socialement : Il a creusé les inégalités entre ceux qui avaient les moyens d'y recourir et les plus pauvres. Il a aussi généré de la frustration, de la jalousie et un sentiment d'injustice, tout en étant parfois un ciment social via des réseaux d'entraide.
Politiquement : Il a sapé l'autorité de l'État (Vichy puis le GouvernementProvisoire), qui s'est montré incapable d'y faire face efficacement, oscillant entre répression et tolérance.
Moralement : Il a mis à l'épreuve les valeurs et a conduit à des compromis moraux quotidiens, brouillant les frontières entre le légal et l'illégal, le bien et le mal.
5. Une persistance après la Libération : L'une des thèses fortes de Grenard est que le marché noir ne s'est pas arrêté à la Libération. En raison de la persistance des pénuries et du rationnement, il a perduré jusqu'à la fin des années 1940, montrant la difficulté pour le nouvel État de reprendre le contrôle total de l'économie.
En somme, le livre de 👤 Fabrice Grenard est une étude essentielle pour comprendre non seulement l'économie de guerre, mais aussi les profondeurs de la société française sous l'Occupation et l'après-guerre, et comment elle a navigué entre la légalité et l'illégalité pour survivre et se reconstruire, laissant une empreinte durable sur les mentalités collectives.
Analyse éditoriale élaborée et relue par un éditeur ViaOuest!, révision Déc.2025
Fabrice Grenard est un historien français, spécialiste de la Seconde Guerre mondiale et de l'Occupation. Voici les informations essentielles à son sujet
Domaine D'expertise
Seconde Guerre mondiale, Occupation en France, collaboration, Résistance, et épuration.
Principales Publications
Il a écrit de nombreux ouvrages sur ces sujets, souvent basés sur des archives inédites ou peu exploitées. Parmi ses publications notables, on trouve
Maquis noir, la vérité sur le bataillon de la Mort
La Chasse aux communistes: une obsession d'État sous l'Occupation
L'Extermination des Tsiganes
Approche
Son travail se distingue souvent par une volonté de nuance et de complexité, cherchant à dépasser les idées reçues sur l'Occupation et ses acteurs. Il s'intéresse particulièrement aux zones grises et aux motivations complexes des individus.
Reconnaissance
Il est reconnu comme un expert dans son domaine et est régulièrement sollicité par les médias pour commenter l'actualité liée à la Seconde Guerre mondiale.