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🤔 L'arrestation du christ

L'arrestation du christ est une oeuvre attribuée à Jacob Jordaens, référencée 06380000355 et conservée ou signalée à Valenciennes ; musée des beaux-arts. Cette fiche rassemble les informations de la base Joconde, les images disponibles, l'analyse et les autres tableaux de l'artiste.

Photographies complémentaires
Jordaens L'Arrestation du Christ Valenciennes
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Date 17e siècle
Dimensions H. 293, l. 277
Référence 06380000355

tableau peinture à l'huile, toile / Période de création : 17e siècle / L'acquisition de l'Arrestation du Christ de Jordaens est exceptionnelle à plus d'un titre. Cet achat apparait, et de loin, comme le plus important jamais fait par la Ville de Valenciennes. Les oeuvres de cette importance et de cette taille sont rares. L'oeuvre provient d'une collection privée et son histoire ancienne demeure inconnue. Elle est découverte en 1932 par le peintre munichois Adolph Klingstirn. Comme le signale Léo van Puyvelde une piste demeure : la vente Johan Marselis, le 25 avril 1703 à Amsterdam (no 3). Il est maintenant établi que ce format de l'oeuvre a été modifié (une forme supérieure cintrée est tout à fait possible) / En choisissant de représenter Jésus isolé et dominant une foule informe, Jordaens ne nous fait que mieux ressentir la tragique solitude du Dieu fait homme, au seuil de son martyre. La composition de Valenciennes se situe dans une tradition iconographique qui vise à présenter le Christ comme un éphémère triomphateur des ténèbres et de la violence humaine, immédiatement avant d'être livré à ses bourreaux. Fidèle à cette tradition nordique Jordaens est aussi fidèle au récit de l'Évangile de Jean, le seul à mentionner l'épisode des soldats tombant à la renverse : Jésus s'avançant vers les soldats, leur dit : Qui cherchez-vous ? Ils lui répondirent : Jésus de Nazareth. Dès que Jésus leur eut dit : C'est moi, ils reculèrent et tombèrent par terre (Jean XVIII, 6). La représentation de cet épisode est souvent augmentée d'un autre événement : l'essorillage de Malchus. L'histoire est rapportée dans les quatre évangiles. Jean en rend compte de la façon suivante : Alors Simon-Pierre, qui portait un glaive, le tira, frappa le serviteur du grand prêtre et lui trancha l'oreille droite. Ce serviteur avait nom Malchus (Jean XVIII, 10). La tradition réaliste nordique s'est assez tôt emparée de cette anecdote que l'on trouve, dès le XVe siècle, associée à l'épisode de l'Arrestation. On rencontre cette association chez Martin Schongauer, Lucas van Leyden, et chez la plupart des graveurs flamands des XVIe et XVIIe siècles qui illustrèrent la Passion. Le traitement à deux reprises par Dürer devait bien entendu contribuer à populariser le thème. L'Arrestation est le sujet d'une planch de la Grande et la Petite Passion qui paraissent en 1511. Dans les deux compositions le combat de Pierre et de Malchus est très explicitement placé au premier plan, groupe emblématique de la violence de la scène. Un contemporain et disciple de Dürer, Hans Süss von Kulmbach aborde le motif dans un dessin du musée de Dresde. L'affrontement Pierre-Malchus est relégué au second plan tandis que la totalité du premier plan de la composition représente les soldats jetés à terre et effrayés par l'irruption du Christ, longue et frêle figure, mais fermement dressée et le geste autoritaire. C'est finalement le parti qui sera adopté par Jordaens quelques cent quarante ans plus tard. A la fin du XVIe siècle, à Anvers, Martin de Vos illustre le sujet en gravure une bonne douzaine de fois. Dans le parti résolument original qu'adopte Jordaens au regard de l'iconographie traditionnelle, le traitement du Christ demeure singulier. Cette forme monumentale, rejetée dans un angle de la composition semble inaccessible aux agissements humains, désordonnés et fracassants. Fidèle à l'évangile, le peintre présente le Christ avec ce mélange ambigu de fragilité et de force, puisque sa soumission est aussi la cause d'une capitulation spectaculaire d'hommes armés. Cet épisode constitue l'expression même d'un paradoxe : c'est au moment où le Christ est capturé, annihilé, qu'il devient triomphant et glorieux, au seuil même de sa Passion mais déjà détaché du monde terrestre. Là se trouve le message spirituel de Jordaens qui toute sa vie a traité les grands thèmes religieux mais qui le fait rarement avec autant de conviction et de foi dans le mystère de l'incanation divine. Sur la toile même, comme l'a révélée la radiographie, le peintre a modifié la conception de cette figure magistrale du Christ, le réseau de plis du drapé, mais surtout la position de la tête, montrent des modifications en cours d'exécution, signe tangible de l'importance symbolique accordée à cette forme. Le regard n'est plus tourné vers les corps jetés à terre, il est devenu lointain, comme absent, voire étranger au tumulte dont il est la cause. Le caractère étrange de cette figure tient aussi à son geste de la main, la paume ouverte, en signe d'acceptation du destin. On retrouve cette attitude hiératique du Christ dans deux oeuvres contemporaines du milieu des années cinquante : le Christ guérissant des malades de l'Ermitage. et le Laissez venir à moi les petits enfants de Copenhague. Dans ces oeuvres, comme dans l'Arrestation de Valenciennes Jésus ne se mêle pas à la foule, il s'en détache pour mieux la dominer. Mais l'efficacité première de cette Arrestation ne tient pas seulement à sa composition qui est l'expression d'une dramaturgie spectaculaire. Il s'agit essentiellement d'une authentique peinture religieuse méditée et inspirée, qui dépasse de beaucoup le pittoresque anecdotique d'un sujet que bon nombre d'artistes dont su transcender. Peut-être cette ferveur et ce nouvel élan sont-ils le fait de l'adhésion du peintre à la foi protestante ? Patrick RAMADE Conservateur en chef du musée des Beaux-Arts de Valenciennes
Ancienne appartenance : Diepolder, Allemagne ; Klingstirn, Grafelding-lez-Munich (1932) ; Kisters, Kreuzlingen (Suisse, 1994)
Bibliographie : VAN PUYVELDE, Léo : Jordaens. Paris, Bruxelles : 1953 (p. 192, 215) ; d'HULST R.A., De tekeningen van Jakob Jordaens. Bruxelles, 1956 (no 115) ; Jaffé, Michael.Commentaires sur l'exposition Jordaens in Bulletin de la Galerie nationale du Canada. (p. 24-26) ; RAMADE, Patrick. Jacob Jordaens. L'Arrestation du Christ, dans Revue du Loeuvre et des Musées de France, 1995, n° 2 ...
Région : Hauts-de-France / Département : Nord / Code museofile : M0638
Statut juridique : propriété de la commune;Valenciennes;musée des Beaux-Arts;achat avec participation
Illustration générée par ia.Cette composition fictive est une création automatique, ludique et totalement imaginaire et ne doit jamais être interprétée comme une information réelle.
illustration : jacob-jordaens, illustre peintre parmi les grands peintres

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Une partie des informations délivrées sur cette page provient du site internet culture.gouv.fr et wikimedia.org
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