| L'année 1498 marque le début des grands travaux de reconstruction qui allaient faire de l'ancien château féodal des comtes de Blois - dont il ne subsiste plus que la double nef de la salle des États, bâtie au commencement du Xllle siècle - la principale résidence royale des bords de la Loire.
Faite de' briques et pierre, l'aile voulue par Louis XII, qui a conservé le nom de ce roi, constitue, plus encore qu'à Amboise, un savoureux et délicat mélange d'éléments flamboyants et italianisants - surtout sensible dans les piliers du promenoir établi au rez-de-chaussée de la cour.
Une quinzaine d'années plus tard, en 1515, François ler fait entreprendre la construction d'une aile qui, cette fois, marque le triomphe de l'art italo-antique. Dotée, au centre, d'un monumental escalier à jour, compris dans un massif octogonal, l'aile François 1er présente, du côté de la cour, une éblouissante richesse décorative, dont toutes les composantes sont empruntées à l'Italie renaissante.
Seule l'irrégularité du percement des fenêtres, flanquées de pilastres, atteste la persistance des traditions médiévales. Encore plus italianisante, la façade extérieure est, quant à elle, divisée en « travées rythmiques » où se succèdent, sur deux étages, des niches et des arcades, à l'imitation de la cour Saint-Damase, au Vatican, élevée par Bramante.
Gaston d'Orléans, à qui échut, en 1626, le comté de Blois, rêva de faire reconstruire totalement le château par François Mansart. Celui-ci, de 1635 à 1638, ne put réaliser qû'une partie de ce projet - autrement dit l'aile majestueuse, empreinte du plus noble classicisme, qui est perpendiculaire à l'aile François 1er. Tel est ce château hétérogène où se mêlent et s'entremêlent les siècles et les styles les plus contradictoires, un château qui, au XVIe siècle, a été le théâtre de quelques-uns des événements les plus dramatiques de l'histoire de France - pour ne citer que l'assassinat du duc de Guise sur l'ordre de Henri III...
Mutilé par la Révolution, converti en caserne, le château de Blois fit l'objet, à partir du règne de Louis Philippe, d'une restauration intégrale qui fut conduite avec systématisme par l'architecte Félix Duban. C'est dire que l'authenticité du décor des ailes Louis XII et François 1er est fort sujette à caution. Il en va de même pour l'intérieur du château, dont la plupart des éléments ornementaux ne sont que le fruit des restitutions très indiscrètes du siècle dernier.
D'importantes séries d'oeuvres d'art ont été réunies dans ce cadre solennel : statues de toutes époques, qui proviennent des églises du Blésois, tapisseries des ateliers parisiens de la Planche (début du XVlle siècle), collection de peintures françaises des XVIe et XVlle siècles du musée municipal, etc. Parmi tous les châteaux royaux, le «Versailles de la Renaissance» est celui qui soumet à notre temps une des plus vivantes leçons d'histoire de France et d'histoire de l'art.
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