| La Côte des Abers L'appellation vient du breton qui désigne par aber l'estuaire, surtout, comme c'est ici le cas, lorsqu'il s'enfonce profondément dans les terres: Aber Wrach, Aber Benoît, Aber Ildut... Cette côte s'étend sur tout le pourtour nordouest de la péninsule. C'est l'une des plus préservées de la Bretagne, par l'absence de grandes agglomérations et de vastes plages. Mais elle offre, surtout au randonneur pédestre, une diversité, une beauté des paysages marins sans cesse renouvelée. On peut la suivre, de Brignogan au Conquet, par des routes côtières que coupent des bifurcations vers chaque pointe du littoral. Mais le bon marcheur peut suivre la côte de plus près, par des chemins et des sentiers tracés sur la falaise. L'Aber Wrach forme un véritable fjord aux rives encaissées qui se prolonge sur près de 15 kilomètres. Un petit port langoustier est établi à l'abri de la presqu'île Sainte-Marguerite. Audelà du fond de l'aber, la route conduit au Folgoët, connu pour son église gothique et son grand pardon de septembre. La partie ouest, qui fait face à l'Atlantique, est la plus exposée aux sinistres marées noires! Portsall, petit port de pêche, en a fait la cruelle expérience ces dernières années. Plus au sud, le bord occidental du plateau de Léon est une région sauvage, peu habitée, que l'on parcourt à travers les landes de bruyères et d'ajoncs. Kersaint, Porspoden, Trezier marquent les étapes vers le Conquet, qu'une route de 4 kilomètres relie à la pointe Saint-Mathieu, la plus avancée du continent et l'un des impressionnants belvédères de Bretagne.
Le Conquet pratique la pêche de la langouste et du homard. C'est la première escale des services de bateaux qui relient Brest à Ouessant. La seconde est Molène, pays des goémonniers... Au-delà, deux îles perdues, Bannec et Balanec, et le passage du Fromveur, de réputation redoutable! Le cinéaste Jean Epstein a tourné dans ces parages, au cours des années 1928/30, ses admirables films: Finis Terrae et Mor-Vran. Un service quotidien relie Brest à Ouessant. Mais l'excursion d'un jour ne peut donner qu'une image incomplète d'Ouessant. Il faudrait la voir hors saison, même si la brume est fréquente et le vent terrible! II faut aller de Lampaul à Créac'h, à la baie du Stiff. Cinq phares ceinturent l'île entourée de récifs dangereux. Et pour cette raison, Ouessant est une île sans pêcheurs. L'absence d'abris côtiers, l'insécurité des ports, la violence des courants rendent impossible toute exploitation importante.Univers à part, Ouessant doit trouver dans le renouveau de l'esprit écologique les raisons d'une survie et du maintien des îliens sur leur terre ingrate. L'archipel tout entier fait partie du "Parc régional naturel d'Armorique". Ouessant domine l'océan de 40 mètres. C'est un plateau couvert de fleurs au printemps et dont le climat, même en hiver, est particulièrement doux.
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