Une 6ème Ecole Centrale à Pékin

Les Echos d’aujourd’hui (Jean-Claude LEWANDOWSKI) ont mis en avant la création d’une nouvelle école du réseau Centrale à Pékin. Une stratégie qui permet de renforcer les liens avec la Chine, donne des opportunités d’identifier des talents, d’augmenter le rayonnement international de l’enseignement français.

3 principes retenus:

  • un double diplôme chinois et français, avec un programme dispensé en Chine, en collaboration avec Beihang, l’une des « universités d’élite » du pays,
  • un cursus calqué, pour l’essentiel, sur le modèle des grandes écoles : sélection rigoureuse, deux années de classes préparatoires,
  • un enseignement en français.

3 objectifs pour le réseau d’écoles Centrale :

  1. élargir le rayonnement international des écoles,
  2. contribuer au développement de la culture française et de la francophonie, 
  3. mettre à disposition des industriels − français, notamment − des ingénieurs de haut niveau, biculturels et habitués à travailler avec leurs méthodes. Parallèlement, une convention a été signée pour la recherche, toujours avec l’université Beihang. Deux ateliers réunissant une quarantaine de chercheurs chinois et français ont déjà eu lieu, à Pékin et à Paris. Un projet de laboratoire international associé au CNRS est également prévu.

L’école compte aujourd’hui de l’ordre de 450 élèves avec un objectif de passer à 800 d’ici quelques années.

Les grandes métropoles au coeur des débats de la WIC 2009

La date et le thème de La Baule WIC 2009 sont annoncés : 3, 4 et 5 juin 2009 - Investir dans les grandes métropoles, une opportunité pour l’Europe.

La Fondation Europe+ entend ainsi mettre en évidence le rôle des grandes métropoles, dans les dynamiques d’attractivité territoriale. “Les grandes métropoles par leur rythme de développement dont la tendance s’accélère - selon les démographes, 80 % de la population mondiale sera urbaine en 2030 - constituent les moteurs de l’attractivité des investissements et une opportunité très importante pour les entreprises à la recherche de marge de croissance, dans un contexte économique global incertain” déclare Pierre GUENANT.

Les grandes métropoles s’illustrent par ailleurs par des investissements responsables, dans le domaine de l’eau, des transports, de l’énergie, des déchets, de l’immobilier, de l’urbanisme, de la culture, de l’éducation, autant d’exemples développés dans le cadre de partenariats publics privés, dont la finalité s’inscrit dans une logique de développement durable. “Les entreprises doivent saisir l’immense opportunité qui leur est offerte de participer au développement économique et social des grandes métropoles. La dimension éthique constituera demain un challenge crucial pour les entreprises qui souhaitent allier culture d’entreprise forte et performance économique durable” souligne Patrick GOUNELLE.

Trois conférences associées seront mises en oeuvre autour de La Baule WIC 2009 :

  • la 2ème Transatlantic Green Platform sur le thème : Global Cities, Green Growth,
  • le Global Technology Showcase sur le thème : E-cities, ICT
  • le 1er European Brainpower Forum sur le thème : Smart People, Smart Cities

Les maires des grandes métropoles telles que Shanghai, Los Angeles, Tokyo, Dehli et des grandes capitales européennes seront invités.

Hubert FALCO à l’Agence Française des Investissements Internationaux (AFII)

J’assistais hier à la réunion annuelle que les Agences Régionales de Développement ont avec le réseau AFII à l’étranger. Une occasion de partager les données du marché et les stratégies de vente des atouts de la France.

Occasion également d’entendre Hubert FALCO, Secrétaire d’Etat chargé de l’Aménagement du Territoire, venu signé avec Anne-Marie IDRAC, Secrétaire d’Etat chargée du Commerce Extérieur, le nouveau contrat d’objectifs et de moyens de l’AFII.

Je vous fais partager des extraits de son discours, où il explique ce qu’il attend de l’AFII et du réseau des agences régionales :

  • le soutien au développement international des Pôles de Compétitivité,
  • favoriser le développement des projets étrangers dans le domaine des éco-industries en France,
  • la recherche d’investisseurs étrangers pour accompagner les sites industriels en mutation, 
  • le soutien plus particulier à la restructuration des sites de défense.

Il a également rappeler que l’Etat examinerait des nouveaux projets de Pôles de Compétitivité uniquement dans le domaine du développement durable.

Véhicule électrique : l’Ouest joue sa carte

C’est le titre de l’édito de la lettre API du 27 septembre signé Emmanuel GUIMARD et Cédric MENUET. Je ne résiste pas à vous livrer, l’intégralité de cet édito car il met en avant une somme de compétences de l’Ouest de la France, remarquable.

Venturi automobiles revient dans l’Ouest, mais sous la forme d’une petite voiture urbaine et électrique, l’Eclectic, qui sera présentée au prochain Mondial de l’automobile, le 2 octobre. Ce concept-car énergétiquement autonome, doté d’un toit solaire et d’une petite éolienne, devrait donc être assemblé sur la zone d’activités d’Ouest Park à Sablé-sur-Sarthe (La Lettre API du 11/09/2008). La marque, fondée à Couëron en 1984, avait laissé le souvenir de bolides roulant à plus de 300 km/h. Malgré maintes recapitalisations, Venturi n’a jamais gagné d’argent avec ces succédanés de Ferrari et, signe des temps, le monégasque Gildo Pastor, repreneur de la marque en 2001, a opté pour une réorientation sur les véhicules propres.

Pour Venturi, cette implantation dans la Sarthe répond à « un choix historique mais aussi logistique du fait de la présence de nombreux fournisseurs automobiles dans la zone.»

L’Ouest et son tissu d’équipementiers est en effet légitime pour s’affirmer sur ce marché naissant qui peut faire émerger de nouveaux leaders. Déjà, l’équipementier Sora composites et son PDG visionnaire Jean Py, fournissent la Tesla, un roadster électrique haut de gamme lancé par l’industriel californien Elon Musk et assemblé chez Lotus en Grande-Bretagne. Le spécialiste des nouveaux matériaux a décroché un contrat de 1 500 exemplaires par an sur trois ans.

À Laval, Gruau s’est associé avec Bolloré pour produire dès 2009 des minibus hybrides et 100 % électriques.

Recapitalisé par l’indien Argentum, Heuliez a répondu, avec les sociétés Diedre-Endeavour et Eco&Mobilité, à l’appel à projet du conseil régional de Poitou-Charentes, lequel rêve d’une city-car à moins de 5 000 euros. On peut aussi attendre des initiatives venant des constructeurs de voiturettes présents dans l’Ouest (Microcar, Bellier…)

Mais la vraie bataille, se joue sur les batteries, réservoir du futur et point critique pour la propulsion électrique. L’Ouest relève le défi avec Bolloré, et son projet de Blue Car lithium-polymère, tandis qu’à Nersac (16) Johnson Controls-Saft fabriquera des accus lithium-ion pour Mercedes et le Chinois SAIC. Ces deux projets industriels majeurs s’inscrivent sur un marché très mouvant où les jeux d’alliances se définissent à toute vitesse, notamment autour des Japonais (Panasonic, Nec, Sanyo, Mitsubishi) et des Coréens (LF, Samsung), lesquels conservent une belle longueur d’avance.”

Diffuser gratuitement les articles scientifiques de l’Europe

Un article des Echos du 9 septembre 2008, indiquait que la Commission Européenne envisage de mettre en ligne gratuitement les articles issus de certains projets européens financés dans le cadre du 7e PCRD (2007-2013), après une période d’embargo de six à douze mois selon les secteurs.

L’objectif est d’améliorer la compétitivité de la recherche. Seuls les nouveaux projets des secteurs de l’énergie, de la santé, de l’environnement, des sciences sociales et des technologies de l’information et de la communication (TIC) sont concernés (environ 20 % des 50 milliards d’euros du budget du 7e PCRD).

Ce projet pilote et innovant est un sujet sensible; le lobby des éditeurs scientifiques est puissant et les Etats ne sont pas tous favorables à une telle ouverture.

A contrario, certains scientifiques trouvent cette avancée encore trop timide. Les Etats-Unis pratiquent une ouverture plus rapide et radicale.

Ceci est probablement une des raisons qui fait que leurs articles sont mieux cités.

A suivre…

Recherche et innovation : il est urgent de réveiller l’Europe

Et ça continue ! Le titre de mon article reprend celui de Dominique GUELLEC (économiste à l’OCDE), Marc IVALDI et Franck PORTIER (Ecole d’Economie de Toulouse) paru dans Les Echos du 9 septembre dernier.

Le début de l’article a attiré également mon attention puisqu’ils mettent en avant que, dans un contexte d’énergie durablement chère, les entreprises européennes doivent donner des conditions de vie attractives aux citoyens en développant les produits et services qui les séduisent.

Les faits :

  • Le Japon et les Etats-Unis consacrent respectivement 100% et 60% de plus de leurs ressources à la recherche et au développement que l’Europe,
  • Sur la période 2001-2006, la productivité des salariés européens a augmenté de 1,3% par an , tandis que celle des travailleurs américains a crû de 2,2%. Avec un tel écart, en 20 ans, le niveau de vie des américains serait supérieur de 20% au notre,
  • Aux Etats-Unis, la moitié de l’effort R&D est effectuée par des entreprises qui n’existaient pas il y a 25 ans. Les grandes entreprises européennes en place, même si elles s’adaptent aux nouveaux marchés, n’ont pas la même réactivité,
  • Aux Etats-Unis et au Japon, les petites entreprises ont droit à 50% de réduction pour protéger leurs inventions,
  • 20% des entreprises européennes, possédant des brevets, accordent des licences. Ce nombre doublerait si elles arrivaient à trouver plus facilement des partenaires.

Les propositions :

  • L’Union Européenne doit réaliser un investissement massif dans la recherche publique (objectif de 30% des dépenses annuelles à horizon 2020 – recherche, innovation, enseignement supérieur) pour stimuler les pouvoirs publics nationaux et privés,
  • Orienter les fonds vers des sujets stratégiques, avec l’excellence académique et la pertinence des projets de recherche, comme seuls critères de choix,
  • Faire un geste fort pour soutenir les jeunes entreprises innovantes (crédits publics et pourcentage de marchés publics),
  • Créer un brevet communautaire à coût raisonnable,
  • Etablir une plate-forme d’échanges technologiques européennes pour permettre aux entreprises d’accéder plus facilement à des innovations complémentaires développées par des universités ou d’autres sociétés.

Le projet de programme est écrit. Il ne reste plus qu’à la partager, le commenter, le compléter et à le mettre en actions.

Place de l’Europe dans les Olympiades R&D

Par analogie avec le calcul du nombre de médailles olympiques ramenées par l’Europe, j’ai fait le cumul du nombre d’articles scientifiques et de citations (janvier 1997 - août 2007) pour l’ensemble des pays européens mentionnés dans l’article des Echos du 26 août 2008, mis en avant dans mes articles précédents.

Comparons ce cumul au score des Etats-Unis :

  • Etats-Unis :  2 864 175 articles publiés dans des revues scientifiques et 39 027 838 citations émises par la communauté scientifique. L’indicateur qualitatif des Etats-Unis (citations/articles) est de 13,63.
  • Europe : 3 341 640 articles publiés dans des revues scientifiques (1ère place) et 36 699 816 citations (2ème place). L’indicateur qualitatif de l’Europe est par contre de 10,98 (4ème place - après la Suisse, les Etats-Unis et le Canada)
  • L’Europe passe donc en première place pour le nombre d’articles publiés et à la seconde pour les citations.  

    Au delà, des citations scientifiques , il faudrait suivre également la création d’entreprises innovantes dans chaque pays. A vos tablettes.

    Médaille d’or R&D en 2020 : Chine ou Etats-Unis ? (2/2)

    Accumuler les connaissances de niveau mondial et passer sous les fourches Caudines des comités de lecture des grandes revues anglo-saxonnes, tel est le mot d’ordre donné aux chercheurs et ingénieurs chinois.

    Ils ont choisi d’être particulièrement actifs dans quatre disciplines : les mathématiques, la physique, les matériaux et la biologie végétale et animale. L’immunologie, la médecine clinique, les neurosciences et les sciences sociales restent en retrait.

    Dans certains secteurs, la Chine se hisse déjà au niveau des meilleurs :

    • les nanotechnologies : second rang mondial derrière les Etats-Unis et devant l’Union Européenne
    • les OGM : 1,4 milliards de dollars pourmettre au point des OGM de seconde génération (résistance aux parasites, adaptation à la sécheresse)
    • une politique d’investissement dans de gros instruments scientifiques : synchrotron de Shanghai, un laboratoire pour l’étude des champs magnétiques intenses, un centre de recherche sur les matériaux, un laboratoire sur la biosécurité, une unité consacrée à la caractérisation des protéines et plusieurs centres technologiques spécialisés dans l’aéronautique et l’espace.

    La machine est lancée… La Chine ne sera pas qu’un atelier de production mondial.

    Médaille d’or R&D en 2020 : Chine ou Etats-Unis ? (1/2)

    Dans la foulée des Jeux Olympiques, Alain PEREZ, dans Les Echos du 26/08/08, a annoncé le prochain terrain de compétition entre la Chine et les Etats-Unis : la Recherche et Développement (R&D). Pour établir l’état des lieux en 2008, il a repris les données publiées par ESI (Essential Science Indicators) sur le nombre d’articles scientifiques et de citations dans les principaux pays (entre janvier 1997 et août 2007).

    Qu’en est-il en 2008 ?

    • Etats-Unis : avec 2 864 175 articles publiés dans des revues scientifiques et 39 027 838 citations émises par la communauté scientifique, les Etats-Unis sont de loin en première position.
    • Chine : avec 471 890 articles publiés dans des revues scientifiques (6ème place) mais 1 894 810 citations (13ème place), la Chine a un poids scientifique (citations/articles) faible à l’échelle mondiale (19ème place)
    • Pour info, la France a publié sur les 10 dernières années, 529 636 articles (5ème place), a eu 5 414 557 citations (5ème place). L’indicateur qualitatif place la France en 13ème place.

    Objectif fixé par le gouvernement chinois à ses chercheurs et ingénieurs : Rejoindre les Etats-Unis à horizon 2020

    A cette date, le pays devrait consacrer 2,5% de son PIB à la R&D (contre 1,4% en 2008). Les observateurs occidentaux ont déjà remarqué la qualité des installations dans les universités chinoises et “l’impressionnate abnégation des chercheurs locaux, dont les meilleurs ont été formés aux Etats-Unis” (67 000 en 2007).

    A suivre…

    Et si on comptait les medailles olympiques européennes !

    Les journaux de ce matin font le compte des médailles olympiques que chaque pays a ramenées à la maison. La taille des 3 premiers pays : Chine, Etats-Unis, Russie m’a incité a faire un rapide calcul des médailles ramenées par l’Union Européenne. Voici les résultats avec un rappel des populations en Millions d’habitants:

    • Chine (1320 M) :                         51 or, 21 argent, 28 bronze  et un total de 100
    • Etats-Unis (303 M) :                 36 or, 38 argent, 36 bronze et un total de 110
    • Russie (140 M) :                          23 or, 21 argent, 28 bronze et un total de 72
    • Union Européenne (493 M) : 87 or, 101 argent, 92 bronze et un total de 280

    Etonnant non ?