Amboise, Angers, Azay Le Rideau,
Blois, Brissac, Chambord, Champigny
Sur Veude, Chateaudun, Chaumont Sur Loire,
Chenonceau, Cheverny, Chinon,
Langeais, Loches, Le Lude,
Le plessis Bourré, Plessis Lès Tours, Saumur,
Serrant, Ussé, Valjencay,
Vilandry.
AMBOISE (Indre-et-Loire)
C'est à Monseigneur le
comte de Paris, chef de la Maison de France, qu'appartiennent les éclatants
vestiges de l'immense résidence que se fit construire, à partir de 1492, le roi
Charles VIII. Ne se dressent plus, au bord de la Loire, après avoir été trop
restaurés, que les tours Hurtault et des Minimes, et, surtout, le Logis du Roi
ainsi que la chapelle Saint-Hubert - toutes les autres ailes du château ayant
été rasées, sous le Premier Empire, par l'ancien consul Roger Ducos auquel il
avait été dévolu. Un raffinement d'essence toute flamboyante marque non
seulement le Logis du Roi, hérissé de hautes lucarnes très décorées, mais la
chapelle castrale qui, dans son ornementation intérieure comme dans le linteau
sculpté de son portail, consacré à la chasse de saint Hubert, trahit une nette
influencé flamande. En revanche, c'est l'influence italienne qui devait être
déterminante lors du retour du roi, en 1496, de son expédition de Naples. On le
constate particulièrement dans les clefs-de-voûte de la tour des Minimes - sa
large vis sans marches pouvait être gravie à cheval - et à la porte supérieure
de la tour Hurtault, décorée de pilastres et d'arabesques. Une vingtaine
d'artistes et d'artisans italiens ne s'étaient-ils pas installés à Amboise à l'appel du roi- La
Renaissance francaise est issue de cette décision royale, dont les conséquences
esthétiques furent infinies... La mort accidentelle de Charles VIII, en 1498,
interrompit les travaux de construction et d'embellissement du château - que
Louis XII négligea au profit de Blois. François ler, quant à lui, donna ici des
fêtes fastueuses. II y attira surtout, comme Charles VIII, des savants et des
artistes, à commencer par Léonard de Vinci. Perpendiculaire au Logis du Roi, une
aili, qui est marquée par la Renaissance, date de son règne, du moins pour ce
qui est de l'étage supérieur et des lucarnes. Tel est ce château essentiel, où
s'opéra la fatidique rencontre de la France médiévale et de l'Italie
renaissante.
ANGERS (Maine-et-Loire)
Noires et austères, les
dix-sept tours formidables du château fortifié que fit, entre 1230 et 1240,
construire le roi Saint Louis,
dominent avec gravité le cours de la Maine. Soigneusement réaménagée et dotée
de parterres fleuris, la vaste plate-forme qu'elles enserrent est animée par
un châtelet du XVe siècle et par une chapelle flamboyante que firent édifier
Louis II d'Anjou et Yolande d'Aragon. C'est dans l'enceinte de cet énorme château
qu'a été discrètement élevée, depuis la fin de la dernière guerre, une galerie
spéciale où est exposée, sur 168 mètres de longueur, l'illustre tenture de l'Apocalypse,
la plus ancienne de toutes les tapisseries françaises. Commandée par le duc
Louis 1er d'Anjou, elle fut exécutée entre 1377 et 1380 par le lissier parisien
Nicolas Bataille d'après les cartons de Hennequin de Bruges, peintre de Charles
V. Elle constitue l'un des plus vénérables chefs-d'oeuvre de la civilisation
médiévale.
AZAY-LE-RIDEAU (Indre-et-Loire)
Bâti entre 1518 et 1527
pour le financier Gilles Berthelot, le château inachevé d'Azay-Le-Rideau, construit
dans un îlot de l'Indre, ne comprend que deux ailes en retour d'équerre. Un
certain Étienne Rousseau en fut, sinon l'architecte, du moins l'entrepreneur.
Ainsi qu'il en est dans maintes demeures du début du XVIe siècle, ses tourelles
d'angle en encorbellement, coiffées de poivrières, et son chemin de ronde à
mâchicoulis sont des survisvances guerrières qui ne jouent plus ici qu'un rôle
décoratif. Le meilleur de l'ornementation très raffinée d'Azay s'inspire de
l'aile Francois 1er du château de Blois. C'est ce que démontre surtout, à la
façade intérieure, la double et somptueuse travée, ornée de motifs très
italianisants, derrière laquelle se déploie l'escalier à volées droites, couvert
d'une voûte à médaillons sculptés. Le plus pur de tous les châteaux de la Loire
abrite un beau mobilier de la Renaissance, notamment des tapisseries françaises
et flamandes.
BLOIS (Loir-et-Cher)
L'année 1498 marque le
début des grands travaux de reconstruction qui allaient faire de l'ancien château
féodal des comtes de Blois - dont il ne subsiste plus que
la double nef de la salle des États, bâtie au commencement du Xllle siècle -
la principale résidence royale des bords de la Loire. Faite de' briques et pierre,
l'aile voulue par Louis XII, qui a conservé le nom de ce roi, constitue, plus
encore qu'à Amboise, un savoureux et délicat mélange d'éléments flamboyants
et italianisants - surtout sensible dans les piliers du promenoir établi au
rez-de-chaussée de la cour. Une quinzaine d'années plus tard, en 1515, François
ler fait entreprendre la construction d'une aile qui, cette fois, marque le
triomphe de l'art italo-antique. Dotée, au centre, d'un monumental escalier
à jour, compris dans un massif octogonal, l'aile François 1er présente, du côté
de la cour, une éblouissante richesse décorative, dont toutes les composantes
sont empruntées à l'Italie renaissante. Seule l'irrégularité du percement des
fenêtres, flanquées de pilastres, atteste la persistance des traditions médiévales.
Encore plus italianisante, la façade extérieure est, quant à elle, divisée en
« travées rythmiques » où se succèdent, sur deux étages, des niches et des arcades,
à l'imitation de la cour Saint-Damase, au Vatican, élevée par Bramante. Gaston
d'Orléans, à qui échut, en 1626, le comté de Blois, rêva de faire reconstruire
totalement le château par François Mansart. Celui-ci, de 1635 à 1638, ne put
réaliser qû'une partie de ce projet - autrement dit l'aile majestueuse, empreinte
du plus noble classicisme, qui est perpendiculaire à l'aile François 1er. Tel
est ce château hétérogène où se mêlent et s'entremêlent les siècles et les styles
les plus contradictoires, un château qui, au XVIe siècle, a été le théâtre de
quelques-uns des événements les plus dramatiques de l'histoire de France - pour
ne citer que l'assassinat du duc de Guise sur l'ordre de Henri III... Mutilé
par la Révolution, converti en caserne, le château de Blois fit l'objet, à partir
du règne de Louis Philippe, d'une restauration intégrale qui fut conduite avec
systématisme par l'architecte Félix Duban. C'est dire que l'authenticité du
décor des ailes Louis XII et François 1er est fort sujette à caution. Il en
va de même pour l'intérieur du château, dont la plupart des éléments ornementaux
ne sont que le fruit des restitutions très indiscrètes du siècle dernier. D'importantes
séries d'oeuvres d'art ont été réunies dans ce cadre solennel : statues de toutes
époques, qui proviennent des églises du Blésois, tapisseries
des ateliers parisiens de la Planche (début du XVlle siècle), collection de
peintures françaises des XVIe et XVlle siècles du musée municipal, etc. Parmi
tous les châteaux royaux, le «Versailles de la Renaissance» est celui qui soumet
à notre temps une des plus vivantes leçons d'histoire de France et d'histoire
de l'art.
BRISSAC (Maine-et-Loire)
L'étrange château de Brissac, qui appartient toujours à
la maison ducale de ce nom, allie très gratuitement deux grosses tours
fortifiées du XVe siècle aux cinq étages d'un corps de logis du début du XVlle
siècle, surchargé de pilastres et de frontons, et couronné d'un dôme, dont la
construction a été interrompue. Ici s'opéra la réconciliation entre Louis XIII
et Marie de Médicis, au lendemain de la bataille des Ponts-de-Cé. De l'intérieur
d'un tel château, dont les propriétaires ont été, à travers les siècles,
intimement mêlés à l'histoire de France, on retiendra surtout la vaste salle des
gardes, couverte d'un poutrage polychromé à la française, qui abrite une
remarquable collection d'armes anciennes.
CHAMBORD (Loir-et-Cher)
Le symbole même de la
Renaissance française. On doit cette gigantesque et féerique demeure à François
1er, qui en fit commencer la construction en 1519. Son gros oeuvre ne fut achevé
que vers 1533, sous le règne de Henri II. Le plan de Chambord est celui d'une vaste
forteresse rectangulaire de 156 mètres sur 117, cantonnée de quatre énormes
tours rondes. Sur un des côtés de la composition, quatre autres tours non moins
volumineuses flanquent le donjon centralc'est là que s'enroule, au carrefour de
quatre galeries, la double spirale du plus prestigieux de tous les escaliers,
que couronne une fantastique lanterne. Autour d'elle, foisonnent avec un lyrisme
sans retenue les lanternes ajourées des hautes toitures d'ardoise, les
innombrables cheminées monumentales, les étonnantes lucarnes superposées -
efflorescence pétrifiée que l'on ne peut considérer sans un durable
saisissement... Français par son plan d'ensemble, le château de Chambord est
nettement italianisant, non seulement par le goût de la symétrie absolue auquel
il obéit, mais par son décor général de pilastres et de doubles moulures
horizontales, décor issu de Blois, qui répudie tout recours au répertoire
ornemental du Moyen Age. Dominique de Cortone, Léonard de Vinci ont-ils été les
inspirateurs de cette prodigieuse merveille - On l'a parfois supposé, mais nul
ne peut l'affirmer, faute de preuves. Après avoir été donné à Gaston d'Orléans,
frère de Louis XIII, Chambord accueillit à maintes reprises Louis XIV, pour qui
Molière créa ici « Monsieur de Pourceaugnac » et « Le Bourgeois gentilhomme ».
Offert par Louis XV au roi Stanislas Leczinski, puis au maréchal de Saxe, le
château fut attribué, sous Charles X, au duc de Bordeaux, fils posthume du duc
de Berry, qui, faute de pouvoir régner sous le nom de Henri V, conserva le titre
de comte de Chambord. On s'attache aujourd'hui à réanimer ce grand corps
désemparé (vidé de tout son mobilier en 17931, qui n'est rentré qu'en 1930 dans
le domaine de l'État. Ainsi en va-t-il pour le grand appartement, notamment pour
la chambre de parade du Roi - première étape du réaménagement intérieur du plus
illustre de tous les châteaux de la Loire.
CHAMPIGNY-SUR-VEUDE (Indre-et-Loire)
Désireux d'en utiliser
les matériaux pour la construction de son propre château, le cardinal de Richelieu fit abattre la demeure
qui avait été édifiée, à partir de 1508, par Louis 1er de Bourbon, comte de
Montpensier : il n'en subsiste que les harmonieux bâtiments d'entrée, qui sont
plus tardifs, et, surtout, l'élégante Sainte Chapelle, sauvée de la destruction
grâce à l'intervention du pape Urbain VIII. Élevée entre 1508 et 1558, c'est un
petit vaisseau de structure flamboyante, que précède un portique au décor
Renaissance. Ses fenêtres conservent un précieux ensemble de vitraux du milieu
du XVIe siècle, offerts par le cardinal de Givry, évêque de Langres. Aux scènes
de la Passion du Christ et aux épisodes de la vie de Saint Louis, s'ajoutent les
portraits des principaux membres des Maisons de Bourbon et de Montpensier, de
Vendôme et de la Roche-sur-Yon. Les auteurs de ces beaux vitraux (fort
restaurés) appartenaient peut-être à des ateliers parisiens.
CHATEAUDUN (Eure-et-Loir)
Le plus septentrional
des châteaux de la Loire est un des meilleurs exemples de l'architecture civile
de la fin du Moyen Age
et du début de la Renaissance. Sa partie la plus ancienne est l'énorme donjon du
XII, siècle auquel s'appuie une Sainte-Chapelle gothique qui est reliée à l'aile
occidentale du château, toutes deux construites durant la seconde moitié du XVe
siècle par un des compagnons d'armes de Jeanne d'Arc, Dunois, bâtard d'Orléans.
Et c'est François II d'Orléans-Longueville, petit-fils de celui-ci, qui fit
entreprendre, en 1511, l'aile septentrionale : deux escaliers ajourés la
décorent, l'un, tout flamboyant, l'autre, déjà marqué par un décor italianisant.
Quant à la chapelle, elle abrite notamment douze statues de la seconde partie du
XVe siècle qui sont à ranger parmi les plus séduisants chefs-d'oeuvre de la
sculpture française de ce temps. Acquis par l'État en 1930, le château
de Châteaudun a été
restauré de nos jours avec une méthode exemplaire
CHAUMONT-SUR-LOIRE (Loir-et-Cher)
Charles ler d'Amboise
entreprit, vers 1472, la reconstruction du château paternel qui avait été
démantelé par ordre de Louis XI. L'oeuvre fut achevée dans les dix premières
années du XVIe siècle. Flanqué de quatre tours rondes à mâchicoulis, Chaumont offre l'aspect d'une
imprenable forteresse. En fait, son appareil guerrier n'est plus qu'une
survivance tardive de la féodalité. Acquis par Catherine de Médicis, puis occupé
par Diane de Poitiers, le château appartint notamment, à la fin du XVIe siècle,
au banquier italien Scipion Sardini. Et c'est sous Louis XV qu'un de ses
propriétaires détruisit l'aile qui bordait la Loire afin de dégager la vue sur
la rivière. A l'intérieur, un large escalier à vis donne accès à des salles
historiques converties en un musée qui conserve, entre autres, de nombreuses
tapisseries de la Renaissance.
CHENONCEAU (Indre-et-Loire)
C'est sur les piles d'un
ancien moulin établi dans
le lit du Cher, à proximité immédiate d'un manoir féodal, que Thomas Bohier,
receveur des Finances, et Catherine Briconnet, sa riche épouse tourangelle,
édifièrent, entre 1515 et 1522, le château de Chenonceau. Il ne s'agissait
alors que d'un élégant pavillon carré, flanqué de tourelles, où saillaient
seulement, à l'est, une chapelle et une bibliothèque. Des maçons locaux,
influencés par le décor italianisant qui venait d'être utilisé par les artistes
chargés de métamorphoser la tour de Marques, vestige du manoir médiéval, appliquèrent au
château nouveau les recettes nouvelles qui, dans le même temps, l'emportaient à
Blois. Le démontrent surtout les fenêtres à pilastres et les hautes lucarnes
très ornées. Après avoir été, en 1535, cédé à la couronne par les héritiers de
Bohier lequel s'était enrichi aux dépens du trésor public -Chenonceau fut
attribué par Henri II à Diane de Poitiers. Et c'est la favorite royale qui
chargea Philibert de L'Orme de construire, sur la rivière, un pont à cinq
arches, surmonté d'une galerie dans le prolongement du château. L'oeuvre, assez
lourde, ne fut réalisée que vers 1580 par l'architecte Denis Courtin, qui suivit
infidèlement le dessin de son prédécesseur. Alors, Chenonceau appartenait à
Catherine de Médicis, qui donna ici des fêtes somptueuses. Plus tard, il échut à
la reine Louise de Lorraine, veuve de Henri III, puis, au XVIIIè siècle, à
Claude Dupin, fermier général, ancêtre de George Sand. Sa seconde épouse fit de
Chenonceau un centre littéraire et mondain que fréquentèrent Rousseau, Voltaire,
Marivaux, Buffon et Fontenelle. Fort restauré au siècle dernier, le château est
animé d'un mobilier très abondant - tapisseries du XVIè siècle, toiles des XVllè
et XVIIIè siècles - qui ajoutent beaucoup à l'attrait de cette admirable
demeure.
CHEVERNY (Loir-et-Cher)
Achevée en 1634, la
vaste et rigoureuse demeure de Henri Hurault, comte de Cheverny, dont on attribue la
construction à l'architecte blésois Jean Bougier, ou Bouyer, n'appartient pas à
la traditionnelle lignée des châteaux de la Loire.
Avec ses gros pavillons d'angle, coiffés de dômes, et son étroit pavillon
central, qui abrite l'escalier, elle annonce la venue des temps nouveaux,
l'arrivée du classicisme louisquatorzien. L'intérieur du château révèle une
extrême somptuosité décorative et mobilière, très caractéristique de l'époque de
Louis XIII. C'est le cas de la chambre du Roi, décorée par le peintre Jean
Mosnier : elle a conservé sa monumentale cheminée peinte et sculptée ainsi que
ses lambris et son plafond à caissons polychromes, auxquels s'ajoutent, autour
du lit à baldaquin, des tapisseries tissées aux Gobelins d'après Simon Vouet, qui
racontent l'histoire d'Ulysse. Le même Jean Mosnier décora également la longue
salle des fêtes, pourvue d'un poutrage à la française et marquée, à l'une de ses
extrémités, par une cheminée cantonnée de cariatides. Dans l'éblouissant
Cheverny, l'opulence ne laisse pas de l'emporter sur le raffinement de l'ère
précédente...
CHINON (Indre-et-Loire)
Les ruines du séculaire
château fort de Chinon
s'étendent sur un escarpement qui domine le cours de la Vienne. C'est dans
cette forteresse - où mourut, au XIIè siècle, Henri II Plantagenêt, roi d'Angleterre
- que se réfugia Charles VII. Et c'est là qu'en 1429, il accueillit une jeune
fille de dix-huit ans qui le convainquit de partir à la reconquête de son royaume.
De la grande salle où fut introduite Jeanne d'Arc, il reste un pan de mur où
est toujours accrochée une haute cheminée gothique. Rien de plus pathétique
que les ruines de Chinon, où se joua, il y a cinq cent ans, le destin de la
France.
LANGEAIS (Indre-et-Loire)
Le château de Langeais succéda, vers 1465-1470,
à l'antique forteresse de Foulques Nerra, comte d'Anjou. II fut construit, sur
les ordres de Louis XI, par Jean Bourré, futur trésorier de France. C'est une
impressionnante bâtisse militaire, formée de deux ailes en retour d'équerre que
flanquent de formidables tours pourvues, comme les courtines, d'un chemin de
ronde continu, établi sur mâchicoulis. En 1491, Charles VIII y épousa Anne de
Bretagne. Propriété de l'Institut de France, cet austère château fort, qui n'a
subi que peu de restaurations, abrite un extraordinaire musée médiéval : il
comprend une série de tapisseries françaises et flamandes des XV8 et XVIe
siècles, des meubles gothiques, des panneaux peints, qui restituent parfaitement
l'atmosphère d'un château de la fin du Moyen Age.
LOCHES (Indre-et-Loire)
Un énorme donjon roman, qui date de la fin du
Xie siècle ou du début du siècle suivant, commande le château de Loches, une de ces forteresses du
Val de Loire où se réfugia Charles VII à partir de 1418. Deux corps de bâtiments
composent le Logis royal: les "vieilles salles", construites au XIVe siècle, et
les "nouvelles salles ", contemporaines de Louis XII, qui abritent le délicat
oratoire d'Anne de Bretagne. Du XVa siècle, subsistent la puissante Tour ronde
ainsi que le Martelet, qui enrobèrent alors le donjon en complétant les éléments
de défense du château - converti en prison d'État sous le règne de Louis XI. La
fameuse cage en bois, où ce roi aurait enfermé le cardinal de la Balue, n'existe
plus, mais nombre d'inscriptions anciennes se lisent encore dans les cachots où
furent détenus des prisonniers de marque, notamment Ludovic le More, duc de
Milan. Reliée aux "Vieilles salles", la tour dite d'Agnès Sorel renferme le
tombeau de la favorite de Charles VII, surmonté du gisant (restauré en 1806) de
la dame de Beauté, oeuvre du sculpteur lyonnais Jacques Morel. A signaler
également, parmi les oeuvres d'art qui ont été rassemblées dans le Logis royal,
le triptyque de la Passion, qui date de la fin du XVe siècle, ainsi que des
tapisseries d'Audenarde et d'Aubusson.
LE LUDE (Sarthe)
Remaniée à maintes reprises,
la forteresse de la famille de Daillon fut mise au goût du jour à partir de
la fin du XVe siècle. La façade sud, qui est la plus remarquable, date des années
1520-1530: sa courtine, comme les deux grosses tours qui la flanquent, furent
alors dotées de moulures horizontales, de fenêtres à pilastres et de grands
médaillons sculptés -dispositions imitées de l'aile François M du château de
Blois, qui sont appliquées ici au nom d'une majestueuse sobriété. Sous le règne
de Louis XVI, la marquise de la Vieuville chargea l'architecte Barré d'apporter
au château du Lude de profondes
modifications : c'est alors que fut élevée la façade orientale et qu'un portique
à trois baies fut lancé à l'ouest. A noter l'existence, dans l'oratoire, de
peintures murales du XVIe siècle, dues à un artiste italien de l'école de Jean
d'Udine.
LE PLESSIS-BOURRÉ (Maine-et-Loire)
Entièrement entouré de
larges douves, ce château fortifié fut bâti entre 1468 et 1473 par Jean Bourré,
trésorier de France sous Charles VIII. Seule une des quatre tours rondes est
pourvue de mâchicoulis. La défense est essentiellement assurée par de longues
rainures qui permettaient l'envoi des projectiles sur les éventuels assaillants.
A noter que la composition très neuve du Plessis-Bourré, forteresse
et résidence seigneuriale, où s'allient trois ailes basses et un corps de logis
plus élevé, est à l'origine du plan de maints châteaux français des XVIe et
XVlle siècles. La salle des gardes a conservé son plâfond de bois de la fin
du XVe siècle, divisé en compartiments que décorent des scènes peintes, de caractère
populaire et grivois.
PLESSIS-LÈS-TOURS (Indre-et-Loire)
Le peu qui subsiste de
cette demeure de briques et pierre est inséparable du souvenir du roi Louis
XI, qui la fit à peu près entièrement reconstruire et qui en fit un de ses séjours
de prédilection. C'est ici qu'il s'éteignit en 1483, ici que naquit sainte Jeanne
de France, sa fille - tous deux évoqués dans un excellent musée historique auquel
est associée la figure de saint François de Paule, fondateur de l'ordre des
Minimes, qui, appelé par le roi au Plessis-Lès-Tours, y mourut en 1507.
SAUMUR (Maine-et-Loire)
Reconstruit durant le
XIVe siècle par le duc Louis ler d'Anjou, le château de Saumur
est une vaste demeure fortifiée qui a malheureusement perdu ses brillantes superstructures,
telles qu'elles ne revivent plus qu'à travers une des miniatures des "Très Riches
Heures " du duc de Berry. Deux musées y ont été aménagés. Le premier, consacré
aux arts décoratifs, abrite, entre autres, d'importantes collections de céramiques
françaises et étrangères, des sculptures sur bois, des meubles et des objets
d'art de la Renaissance. Le second a trait à l'histoire du cheval, évocation
technique et esthétique qui comprend une remarquable présentation de selles,
d'éperons, de mors et d'étriers. Le nom de Saumur ne s'identifie-t-il pas à
celui du célèbre Cadre noir.
SERRANT (Maine-et-Loire)
De peu postérieur à celui
de Valençay, auquel il s'apparente,. le château de Serrant
fut commencé vers 1547 par Charles de Brie, qui ne put faire élever que la moitié
du bâtiment principal et une partie de l'aile gauche. Le diplomate et académicien
Guillaume de Bautru et la marquise de Vaubrun, sa petite-fille, achevèrent la
construction dans le même style durant le XVlle siècle. Sur le jardin, deux
grosses tours rondes à coupoles et lanternons flanquent le corps de logis, fait
de schiste brun et de pierre blanche comme les tours elles-mêmes. Quant aux
façades sur la cour d'honneur, que de minces pilastres ioniques et corinthiens
décorent froidement, elles ne vont pas sans une sèche élégance qui traduit l'abâtardissement
de la Renaissance. Outre le superbe escalier du XVIe siècle, couvert d'une voûte
à caissons sculptés, on retiendra surtout, à l'intérieur, la chapelle, attribuée
à Hardouin Mansart, qui abrite le tombeau du marquis de Vaubrun, sculpté dans
le marbre blanc par Coysevox.
USSÉ (Indre-et-Loire)
Le château médiéval de
la famille de Bueil, dont le donjon date de la fin du XVe siècle, formait, à
l'origine, un massif quadrilatère flanqué de puissantes tours rondes à créneaux
et à mâchicoulis. L'aile nord fut détruite au XVlle siècle de façon à dégager
une vue sur le cours de la Loire. A Jacques d'Espinay, qui acquit la seigneurie
d'Ussé en 1485, revint le soin d'italianiser, vers 1520, la façade occidentale.
Et c'est son fils Charles qui édifia la chapelle de conception flamboyante,
certes, mais dont le portail, au tympan orné d'une grande coquille, est doté de
pilastres et d'arabesques, et encadré de médaillons où s'inscrivent des bustes
en ronde bosse, tous motifs empruntés au répertoire ornemental de la Renaissance
italienne. Au XVlle siècle, l'aile sud fut modernisée et pourvue de fenêtres à
frontons classiques. Quant au siècle dernier, il remania indiscrètement l'aile
est dans le style néo-gothique.
VALENCAY (Indre)
Un château colossal. Par
son décor stéréotypé, il marque la décadence très nette du style de la Renaissance.
Entreprise par Jacques d'Étampes, vers 1540, sa construction se poursuivit dans
le courant du XVIe siècle, puis, avec des fortunes diverses, durant les deux
siècles suivants. Dans les parties les plus anciennes - le donjon carré, certaines
des grosses tours rondes, coiffées de dômes fort volumineux - on reconnaît l'influence
des partis décoratifs de Chambord, caractérisés par de minces pilastres et par
de doubles moulures horizontales. L'ensemble d'un tel château, en dépit de la
monotonie de son style, n'en reste pas moins très saisissant. Acquis par Talleyrand
en 1805, Valençay fit alors
l'objet d'un réaménagement complet de ses dispositions intérieures. A ce titre,
il constitue l'un des témoignages les plus évocateurs de l'art mobilier sous
le Premier Empire. Aussi bien, est-ce la personnalité du ministre de Napoléon
qui est, ici, omniprésente, à travers ses portraits, ses costumes, ses objets
personnels, ses innombrables souvenirs...
VILLANDRY (Indre-et-Loire)
D'origine féodale, le
château de Villandry fut
rebâti à partir de 1532 pour Jean Le Breton, président de la Chambre des Comptes
de Blois. Dénaturé au XVllle siècle par le marquis de Castellane, il a été,
de nos jours, restauré avec systématisme par le docteur Carvallo. II est par
conséquent impossible de considérer comme une production authentique ce qui
n'est qu'une reconstitution savante... Du côté de la façade postérieure, que
domine un grand donjon du XIVe siècle, les jardins ont été également reconstitués
à l'appui des modèles de Ducerceau - réalisation qui est, quant à elle, exemplaire.
Rien de plus séduisant que ce labyrinthe de buis, rythmé par des ifs rigoureusement
taillés, que ces parterres où se mêlent les légumes et les fleurs, les treillages
et les fontaines, fidèle restitution d'un jardin seigneurial du XVIe siècle,
qui est unique en France de son espèce.
Amboise, Angers, Azay
Le Rideau, Blois, Brissac, Chambord,
Champigny Sur Veude, Chateaudun, Chaumont
Sur Loire, Chenonceau, Cheverny, Chinon,
Langeais, Loches, Le Lude,
Le plessis Bourré, Plessis Lès Tours,
Saumur, Serrant, Ussé,
Valjencay, Vilandry
|